Résumés > Anna Signoret (SDAVO) et Florian Jedrusiak (SDAVO-UMR7140-Equipe GAMMA) - La nécropole de l’agglomération secondaire de Brivisara (Pontoise -Val d’Oise)La fouille archéologique préventive conduite de juin à novembre 2024 sur le site de la Zac Bossut à Pontoise par le Service départemental d’archéologie du Val-d’Oise a permis de mettre en évidence quatre à cinq phases d’occupation, allant de la Tène ancienne à la fin de l’Antiquité. L’occupation romaine s’étend du Haut au Bas Empire et se caractérise par la présence d’une nécropole à inhumation liée à l’agglomération romaine de Brivisara. Cette découverte est essentielle pour la compréhension de ladite agglomération, présente sur l’Itinéraire d’Antonin et la Table de Peutinger, mais dont nous n’avions jusqu’à présent que de très rares témoignages archéologiques. Le site de la ZAC Bossut est positionné le long de la chaussée « Jules César », une voie romaine construite sous le règne de Claude, qui reliait Paris à Rouen, et dont plusieurs états des fossés bordiers ont pu être mis au jour lors de la fouille. La fouille de la nécropole, qui marque la limite ouest de Brivisara, permet ainsi une meilleure compréhension de l’organisation spatiale de cette agglomération qui enjambait l’Oise. 96 sépultures contenant les restes de 98 individus ont été mises en évidence, sur une surface de 1900m² (fig. 1). On dénombre 93 sépultures primaires individuelles à inhumation, deux sépultures collectives et un dépôt secondaire. 68 individus ont été déposés dans des cercueils en chêne cloués, 12 dans des contenants en matériaux périssables non cloués, 3 dans des sarcophages en calcaire et 6 individus en pleine terre. Les données romaines de la ZAC Bossut sont exceptionnelles à plus d’un titre. Cette première nécropole romaine mise en évidence sur l’agglomération antique de Pontoise offre un aperçu de la diversité et de l’évolution des pratiques funéraires durant l’époque romaine. Le mobilier déposé dans les sépultures y est abondant et varié (fig. 3 : couteau dans la sépulture 89), avec notamment des monnaies retrouvées dans 22 sépultures, des dépôts alimentaires contenus dans des récipients en céramique (fig. 2), du verre et/ou de l’étain présents dans 48 sépultures, ainsi que des dépôts plus rares comme de la tabletterie, des parures en ivoire et en bronze... Malgré un état de conservation des squelettes très hétérogène, cet échantillon fournit d’abondantes données sur l’identité biologique, le recrutement et l’état sanitaire de cette population archéologique. De nombreuses études de spécialistes sont encore en cours de réalisation, comme les analyses ADN qui éclairent déjà d’un jour nouveau les données recueillies sur les nécropoles romaines du nord de la Gaule romaine. Fig. 1 - Vue aérienne de la nécropole de la ZAC Bossut © CD95, SDAVO
Fig. 2 - Vue oblique des dépôts de la sépulture 61 © CD95, SDAVO
Fig. 3 - Couteau déposé dans la sépulture 89 © CD95, SDAVO
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