JOURNÉE D’ACTUALITÉ SUR LA GAULE ROMAINE>

Résumés > Grégory Vacassy (Inrap Midi-Méditerranée, UMR5140-ASM) - La découverte de l’enceinte urbaine de Narbo Martius

La fouille du 15 quai d’Alsace à Narbonne, d’une superficie de 3000 m², s’est déroulé pendant 6 mois entre 2023 et 2024 (Vacassy, Capdeville, à paraitre).  Son emprise oblongue a permis l’observation de pans entiers d’un quartier de la ville antique, dégageant partiellement cinq rues et quatre ilots.

Cette opération archéologique est localisée à proximité immédiate d’un ancien bras de l’Aude, canalisé dans le courant du XVIIIe s., La Robine. Ce secteur est désormais identifié comme tout ou partie du port fluvial comme l’ont démontré deux fouilles précédentes. Ainsi plusieurs bâtiments ont été rapidement identifiés comme des entrepôts portant à six le nombre de bâtiments de stockage identifiés avec certitude, plus deux autres, à l’interprétation probable, dans le même quartier. C’est donc sur une superficie minimale proche de 2 ha que s’étendent les infrastructures portuaires du quai d’Alsace.

Du fait de sa localisation, il était attendu que la fouille permette de mettre au jour les quais le long du fleuve voire le tracé antique du cours d’eau. Or, il n’en est rien. A cet emplacement, à l’extrémité nord-occidentale de l’emprise, le décapage mécanique préalable à la fouille a mis en évidence les fondations d’un important massif carré, de près d’une dizaine de mètres de côté, duquel s’échappaient, de part et d’autre, deux larges tranchées de spoliation alignées. Ainsi venaient d’être révélés les vestiges d’une tour et de deux segments de courtine de l’enceinte urbaine de la Colonia Narbo Martius dont plus aucune trace, y compris fossile, ne perdure aujourd’hui dans le paysage urbain. Si l’intégralité de l’élévation a été démontée, les fondations mises au jour se développent sur une trentaine de mètres de longueur (fig. 1).

Cette découverte inattendue permet donc de trancher un débat ancien car la communauté archéologique s’est longtemps interrogée sur la localisation et la restitution du tracé de cette fortification urbaine, jusqu’à douter même de son existence et faire de Narbo une ville ouverte.

Les dimensions générales sont similaires à celles des enceintes augustéennes connues par ailleurs en Gaule mais les premiers éléments de datation tendent à en faire un édifice plus ancien que l’on peut ainsi mettre en perspective du contexte politique et administratif de la colonie au Ier s. avant notre ère.

Bien que l’étude en soit à ses débuts, les premières analyses permettent de replacer ce tronçon de l’ouvrage et de mesurer son impact sur la topographie du quartier, de revoir les limites de l’assiette de la ville antique, d’avancer des propositions de restitution du tracé ancien de la Robine et plus globalement de replacer l’histoire de cette fortification dans celle de la Cité.

https://www.inrap.fr/decouverte-de-l-enceinte-du-haut-empire-de-narbonne-et-d-entrepots-dans-le-17895

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Fig. 1 - Vue de l’enceinte urbaine de Narbo Martius. Au second plan, le canal de la Robine dont le tracé est figé depuis le XVIIIe s. (Crédit : Inrap).

Bibliographie

VACASSY (G.), CAPDEVILLE (C.). Nouveaux apports à la connaissance du port fluvial de Narbo Martius : la fouille du 15 quai d’Alsace. In : BONSANGUE (M.-L.) éd. : Actes de la journée d’études « La société portuaire de Narbonne romaine : les découvertes récentes », Amiens, 20 novembre 2024. A paraitre.

 

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